CACAO ET FORÊTS : LA CÔTE D’IVOIRE OUVRE UNE NOUVELLE ÉTAPE DE LA LUTTE CONTRE LA DÉFORESTATION

CACAO ET FORÊTS : LA CÔTE D’IVOIRE OUVRE UNE NOUVELLE ÉTAPE DE LA LUTTE CONTRE LA DÉFORESTATION
Réuni le 20 octobre 2026 au Silver Moon Hôtel à Abidjan, le Comité Technique de l’Initiative Cacao et Forêts a dressé le bilan de la phase 2 (2022-2025) et examiné le plan d’actions de la phase 3 (2026-2030). Celle-ci fera de l’Initiative une plateforme nationale de coordination de la lutte contre la déforestation dans la filière cacao.
Présidée par le Conservateur Général Zouzou Epse Mailly Elvire Joëlle, Directrice de Cabinet du Ministre des Eaux et Forêts, Présidente du Comité Technique de l’Initiative Cacao et Forêts, la rencontre a réuni une soixantaine de participants, représentants des ministères, des entreprises du cacao et du chocolat, des partenaires techniques et financiers et de la société civile.
À l’ouverture des travaux, la Présidente du Comité Technique a souligné le caractère particulier de cette réunion, tenue à la charnière de deux phases de l’Initiative. Elle a rappelé que l’ICF repose sur une conviction partagée : la lutte contre la déforestation dans la chaîne d’approvisionnement du cacao ne peut réussir que si l’État, le secteur privé, les partenaires et les communautés avancent ensemble.
Lancée en novembre 2017, lors de la COP23 à Bonn, l’ICF est un partenariat public-privé qui associe l’État de Côte d’Ivoire, les grandes entreprises du cacao et du chocolat et les partenaires techniques et financiers. Son objectif est de mettre fin à la déforestation liée à la cacaoculture, dans un pays où le cacao représente 15 % du PIB et plus de 40 % des recettes d’exportation, et dont le couvert forestier est passé de 16 à environ 3 millions d’hectares entre 1960 et 2020.
Le bilan présenté par Monsieur Youssouf NDJORE, Directeur Pays de la Word Cocoa Foundation, au nom du Secrétariat Permanent de l'ICF, fait état de résultats significatifs sur la période 2022-2025 :
- 214 143 hectares de forêts restaurés et 44 conventions de concession signées pour la restauration des forêts classées et des agro-forêts ;
- 927 804 hectares de systèmes agroforestiers développés et 33 millions d’arbres multi-usages distribués aux producteurs ;
- 98 % de traçabilité du cacao issu de l’approvisionnement direct, avec 1,12 million d’exploitations cartographiées ;
- plus de 2,5 millions de producteurs formés ou sensibilisés, et 558 160 femmes accompagnées vers l’autonomie économique.
Le bilan a aussi mis en lumière les défis qui demeurent : la mobilisation durable des financements, le renforcement des capacités institutionnelles, la coordination des nombreuses initiatives présentes sur les mêmes territoires et l’adaptation aux nouvelles exigences réglementaires, notamment le Règlement européen sur la déforestation (RDUE) et la norme africaine ARS 1000.
Le Lieutenant-Colonel TOURE Aboubakar, Coordonnateur de l'ICF, a informé l'assistance que pour relever ces défis, la phase 3 marque un changement de paradigme. L’ICF passe d’un cadre d’exécution à une plateforme de facilitation, de coordination et de valorisation. Elle ne portera plus directement d’actions opérationnelles : elle rassemblera les acteurs, mettra en cohérence leurs interventions et rendra compte de leurs résultats.
Le plan d’actions s’articule autour de cinq axes stratégiques, chacun animé par une institution chef de file :
- la protection et la restauration des forêts, sous la conduite de la Direction Générale des Forêts ;
- la traçabilité et la conformité, ainsi que la production durable par l’agroforesterie, sous la conduite du Conseil du Café-Cacao ;
- les mécanismes innovants de financement, sous la conduite du Bureau Marché Carbone ;
- la gouvernance, la transparence et la communication, sous la conduite de l’UCP-ICF et de la WCF.
Sur la période 2026-2030, les activités de coordination sont évaluées à 2,068 milliards de FCFA. Elles visent à mobiliser plus de 47 milliards de FCFA d’investissements auprès du secteur privé, des partenaires et de la finance climatique.
Cap sur le Comité de Pilotage
Au terme des travaux, le Comité Technique a validé le plan d’actions de la phase 3 et approuvé l’animation des axes par des leads désignés. Les orientations retenues seront soumises au Comité de Pilotage de l’ICF.
En clôturant la rencontre, la Présidente du Comité Technique a appelé chaque partie prenante à s’approprier ce nouveau cap. Selon elle, la phase 2 a démontré que l’engagement pris en 2017 pouvait produire des résultats à grande échelle ; il appartient désormais à tous de démontrer qu’il peut produire des résultats durables.










