EXPLOITATION FORESTIÈRE, CAMPAGNE 2027 : LE MINISTRE JACQUES ASSAHORE KONAN FIXE LE CAP D’UNE FILIÈRE PLUS TRANSPARENTE À L’HORIZON 2030
À travers la réforme de l’exploitation forestière 2026-2030, le Gouvernement entend renforcer la concertation avec l’ensemble des acteurs et préparer un nouveau modèle d’exploitation forestière conciliant durabilité des ressources, sécurisation des droits des propriétaires et viabilité économique.
Le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré KONAN, a fixé le cap de la campagne forestière 2027, lancée le 21 octobre 2026 au Plateau, à Abidjan. À l’occasion du démarrage du processus d’instruction des demandes de reprise des activités dans les Périmètres d’exploitation forestière (PEF), il a appelé à une exploitation plus transparente, mieux encadrée et respectueuse des droits des propriétaires. L’objectif est de bâtir à l’horizon 2030 un nouveau modèle de gestion durable des ressources forestières.
Pour le Ministre, la campagne 2027 doit marquer une nouvelle étape dans la réforme de la filière forêt-bois. « La prorogation, décidée en septembre 2025, du maintien des PEF existants pour cinq années supplémentaires ne saurait justifier la reconduction des pratiques antérieures. Cette période transitoire doit plutôt servir à préparer un système d’exploitation mieux organisé, fondé sur la légalité, la traçabilité et la préservation des ressources forestières », a-t-il déclaré.
Cette ambition s’inscrit dans le Plan d’action de la réforme de l’exploitation forestière et du reboisement compensatoire 2026-2030. Celui-ci prévoit notamment le renforcement du cadre institutionnel et réglementaire, l’enregistrement des forêts du domaine rural, le développement de la filière bois issu des plantations forestières et agroforestières, ainsi que l’adaptation du régime fiscal et économique du secteur.
La campagne forestière 2027 introduit une évolution importante dans les procédures administratives. Désormais les demandes de reprise d’activités devront être soumises par voie numérique, avec le paiement en ligne des frais d’instruction via TrésorPay-TrésorMoney, accessible depuis la plateforme du Ministère des eaux et forêts https://eauxetforets.gouv.ci/ .
« Aucun dossier physique ne pourra être traité si les pièces requises n’ont pas été préalablement transmises en ligne sur le Système national de vérification de la légalité et de la traçabilité (SNVLT) », a ordonné Jacques Assahoré KONAN.
À travers cette mesure, le Ministre entend réduire les décalages entre les dossiers physiques et numériques et progresser vers une dématérialisation complète des procédures. Dans le même esprit, les opérateurs, venus nombreux prendre part à cet échange avec la tutelle, devront renseigner régulièrement et correctement leurs données d’exploitation dans le SNVLT.
À compter de 2027, la délivrance de nouveaux documents forestiers sera progressivement liée à la mise à jour effective, dans le système, des opérations précédentes. Cette exigence vise à renforcer la traçabilité des activités et à améliorer le suivi des opérations d’exploitation forestière.
Au-delà de la modernisation des procédures, le Ministre a rappelé les exigences relatives au respect des droits des propriétaires forestiers. Il a insisté sur le fait qu’aucun arbre ne doit être abattu sans un accord écrit préalable entre l’exploitant et le propriétaire de la ressource. L’autorisation d’exploiter un PEF ne confère pas automatiquement un droit sur l’ensemble des ressources qui s’y trouvent.
Dans cette perspective, les exploitants sont également invités à participer activement aux comités de suivi de la gestion des périmètres, afin de favoriser le dialogue avec les propriétaires et les communautés.
Parallèlement, l’enregistrement des forêts constitue un chantier prioritaire. Cette démarche doit permettre de mieux identifier les ressources, de sécuriser les droits de propriété et de préparer le futur dispositif d’exploitation. À cet effet, les attributaires des PEF sont appelés à accompagner les propriétaires dans le processus d’enregistrement.
Le Ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de rendre le reboisement compensatoire réellement efficace. Pour lui, les efforts ne doivent pas se limiter à la mise en terre des plants, mais intégrer également leur entretien et leur suivi afin de garantir leur survie et leur pérennité. Le contrôle de ces opérations sera ainsi renforcé.
Pour réussir cette transformation, le Ministre des Eaux et Forêts mise sur la concertation entre l’administration forestière, les opérateurs économiques, les propriétaires forestiers, les communautés et les partenaires techniques et financiers. Cette approche participative doit permettre de préparer progressivement un nouveau modèle d’exploitation, adapté aux enjeux de préservation des ressources et aux impératifs économiques de la filière.
Toutefois, cette concertation devra nécessairement s’accompagner du respect des règles et des obligations qui encadrent les activités forestières. À travers les mesures annoncées pour la campagne 2027, le Ministère des Eaux et Forêts ambitionne renforcer la transparence, améliorer la traçabilité des opérations, garantir les droits des propriétaires et consolider les efforts de renouvellement des ressources.
L’ambition affichée est claire : parvenir, à l’horizon 2030, à une filière forêt-bois plus responsable et mieux organisée, dans laquelle la transparence des opérations et le renouvellement de la ressource constituent les fondements d’une exploitation forestière durable.












