GESTION INTÉGRÉE DES RESSOURCES EN EAU DANS LE HAUT-BANDAMA
Gouvernance locale de l’eau: le CLEA du Haut-Solomougou se dote d’un plan d’action, celui de la Loka est en marche.
Du 29 septembre au 2 octobre 2026, la Direction Générale des Ressources en Eau du Ministère des Eaux et Forêts a conduit deux activités complémentaires: à Dikodougou, le renforcement des capacités du bureau du premier Comité Local de l’Eau et de l’Assainissement (CLEA) de Côte d’Ivoire; à Sakassou, l’information et la sensibilisation des parties prenantes et l’installation du comité ad’ hoc chargé de créer le CLEA de la Loka.
Ces deux rencontres s’inscrivent dans le cadre du projet « Appui à la Gestion Intégrée des Ressources en Eau dans le Haut-Bandama », mis en œuvre par la Direction de la Protection et de l’Aménagement des Ressources en Eau (DPARE) avec l’appui de l’Office International de l’Eau (OiEau). Elles ont réuni chacune une quarantaine de participants issus de l’administration, des collectivités territoriales, des usagers de l’eau et de la société civile. Elles illustrent les deux temps d’une même démarche: faire vivre un comité déjà créé, et préparer la naissance du suivant.
1) Dikodougou: un bureau formé et un-Plan d’action budgétisé
Le 29 septembre, la salle de conférence de la mairie de Dikodougou a accueilli l’atelier de renforcement des capacités des membres du bureau du CLEA du Haut-Solomougou. La séance était présidée par M. Mamadou COULIBALY, Préfet du Département de Dikodougou, representant le Préfet de la Région du Poro. Il s’est dit honoré que son département abrite le premier CLEA du pays, appelé à servir de modèle.
Deux communications ont structuré les travaux.
Le Directeur de la Protection et de l’Aménagement des Ressources en Eau, représentant le Ministre des Eaux et Forêts, a rappelé les principes de la GIRE et le rôle du CLEA: instance locale de concertation prévue par le Code de l’eau, il réunit autour d’une même table agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, industriels et ménages, afin d’anticiper les conflits d’usage, de relayer les bonnes pratiques et de faire remonter les données du terrain. La représentante de l’OiEau a ensuite présenté le cycle de planification d’un comité local, illustré par les expériences du Burkina Faso et du Sénégal.
Le président du CLEA, M. SORO Tergue, adjoint au maire de Dikodougou, a présenté son bureau de treize membres, dont quatre femmes, puis le plan d’action 2026-2027. Amendé et adopté séance tenante, ce plan retient sept actions à faible coût et à forte visibilité:
• une tournée de présentation du CLEA dans les sept sous-préfectures traversées par le Solomougou (octobre – novembre 2026) ;
• des journées « Grand Ménage » autour des points d’eau, à partir de novembre 2026;
• une caisse solidaire pour la réparation des pompes, avec une première remise en service en janvier 2027;
• des émissions de radio et des causeries sur les dangers de l’orpaillage;
• un dialogue entre agriculteurs et éleveurs autour des points d’eau, avant la transhumance de saison sèche;
• une formation à la fabrication d’intrants biologiques, avant la campagne agricole 2027;
• un suivi trimestriel des activités.
Le comité entend ainsi répondre aux pressions qui pèsent sur la ressource: orpaillage clandestin, rejets non contrôlés et usage excessif d’intrants agricoles.
2) Sakassou: la Loka prépare son Comité
Les 1er et 2 octobre, la Préfecture de Sakassou a abrité la réunion d’information et de sensibilisation des parties prenantes du Bassin versant de la Loka, sous la présidence de M. TIEGBE Bonaventure, Préfet du Département. Celui-ci a rappelé les défis liés au changement climatique, à la dégradation de l’environnement et à la raréfaction de l’eau, ainsi que la révision du Code de l’eau en 2023.
La première journée a été consacrée à la GIRE, au cadre de création d’un CLEA et à l’intérêt d’un tel comité pour la Loka. Le bassin subit de fortes pressions et connaît des pénuries momentanées d’eau depuis 2018. Le futur CLEA devra contribuer à la sécurisation de l’alimentation en eau potable, à la protection de la ressource, à la prévention des conflits et à l’organisation des usagers. Cinq départements sont concernés: Béoumi, Bouaké, Botro, Sakassou et Tiébissou. Les participants ont aussi retenu qu’un CLEA doit compter au moins 30 % de femmes, et son bureau au moins 20 %.
La seconde journée a permis de presenter le projet d’Arrêté Préfectoral de création ainsi que les projets de statuts et le règlement intérieur. Le nom « CLEA de la Loka » a été retenu. Un comité ad hoc a été installé, présidé par le Préfet de la Région du Gbêkê, avec le Préfet de Sakassou pour vice-président. Il rassemble le corps préfectoral, les services techniques, le Conseil régional et les communes, la chefferie traditionnelle, l’Université Alassane Ouattara, la SODECI, la société civile et les médias locaux.
Sa feuille de route tient en quatre étapes: information des autorités (5 – 11 octobre), diagnostic et mobilisation des acteurs (12 – 25 octobre), finalisation des textes (26 octobre – 8 novembre), puis assemblée constitutive et élection du bureau entre le 9 et le 14 novembre 2026. Une distribution d’exemplaires de Code de l’Eau s’est egalement effectuée auprès des participants à Sakassou.
Une même ambition: rapprocher la gestion de l’eau des usagers
De Dikodougou à Sakassou, le message est le même : l’eau se gère au plus près de ceux qui l’utilisent. Dans le Haut-Solomougou, il s’agit désormais de transformer les orientations en actions visibles sur le terrain. Dans la Loka, le Préfet de Sakassou a appelé les populations à respecter le calendrier arrêté, afin que le deuxième CLEA du Haut-Bandama voit le jour dès la mi-novembre 2026.












